Texas et flatitude!

Me voila au Texas depuis hier soir, apres ce bref passage au Colorado. Oh, j'aurai pu y rester, remonter vers le Nord, oser a nouveau le frais du froid...mais mais mais quand meme appelee dans l'autre direction, celle du Sud Est. Arriverai-je un jour en Floride?

 

 

Keven

Et c'est Keven, mon deuxieme "truckers" (camionneur) du voyage, qui m'a ramasse sur le bord de la route.

Et c'est pas plus mal qu'il en soit ainsi, et que j'ai attendu longuement sur le bas cote avant qu'il ne se pointe, parce que autant vous dire que le Texas resplendit de flatitude, fatiguante et interminable...parce que le Texas c'est aussi le plus grand etat des Etats Unis! Alors le traverser d'une traite dans un gros camion, avec un homme bien aimable, ca me va tres bien!

 

Des paysages relativement platoniques sur toute la longueur (deux jours pleins!): des champs de coton deja ratiboises, du betail par millier,...et du vert, tout un colori de vert, de plus en plus verdoyant au fil du rapprochement vers la cote. Eh bien, ca me chatouille le sourire cette toute nouvelle couleur, que je n'ai plus vu pendant mes deux mois de traversee du desert.

 

 

La chaleur est ecrasante, le vent toujours aussi enquiquinant. Juste envie de rejoindre le bord de l'eau au plus vite.

Au train ou vont les miles, je me dis que je n'arriverai jamais en Floride. Que le temps passe plus vite que les kilometres.

Arrivee a San Antonio, et retrouvaille avec...les incroyables trafics des grandes villes d'Amerique!

Feter un anniversaire est un bon pretexte pour creer de la magie. Alors, ambiance saloon! Je tente d'ameliorer ma visee au billard, comme de percer davantage la vision de la piste a suivre. 

Feter un anniversaire est aussi une bonne occasion pour oser jouer de la guimbarde devant un public d'americains surpris par les vibrations sonores de cet instrument.

 

C'est bien parce que c'etait l'anniversaire de Keven!

 

Alors, aussi, nous dansons, parce que nous aimons cela, et parce que les corps se rencontrent et se racontent differement. Tango ou country, c'est du pareil au meme,...tant que ca joue.

 

J'ai rate le coche d'une ballade en citrouille enchantee!

 

Mais pas manque d'en prendre un cliche.

 

Eh oui mademoiselles et mesdames, il n'y a pas d'heure pour s'infiltrer dans quelques romances feeriques.

 

Juste ne pas s'illusionner,

garder au chaud nos propres guirlandes,

 

...au cas ou la roue du carosse viendrait a s'enliser dans quelques masses boueuses.

Corpus Cristi,

Qui n'a jamais reve de voyager dans une bulle geante,

englobante?

 

En voici une a disposition,

sur les flots.

 

A l'image de celles dans lesquelles nous naviguons tous chacun.

Juste pour nous rappeler a la transparence de cette probable intimite.

 

 

 

 

Lieu de dormance, en cache cache...dans un bateau de tourisme.

 

J'erre parfois pour trouver un lieu ou me poser, me reposer.

 

Et en presence d'un port, je ne puis resister a prendre le courage d'une nuit sur l'eau, et sous les etoiles.

 

 

 

 

 Mais pas assez de cran pour occuper celui de Monsieur Colomb!

 

 

Padre Island,

Obstinee que je suis parfois, je me suis gonflee de determinisme pour aller marcher sur cette presqu'ile de la cote Atlantique!

Deception: les voitures longent la plage et ne laissent ni la place pour mes pas decides, ni le silence pour que mes pensees s'allegent de quelques ecumes.

 

Moi qui revait de plages sauvages enrobees de dunes de sable blanc, je decouvre cette autre maniere d'apprecier les bords de l'eau, a l'americaine!

Ils ont tous l'air tellement rejouis de ce tout confort a portee de main, que mes larmes de decontenance cessent vite d'engourdir mes jambes.

 

Je continu quand meme, j'accepte et j'accueille, et me dis que si parfois le bonheur des uns ne fait pas le bonheur des autres, c'est juste parce qu'il ne s'agit pas d'un bonheur veritable!

 

Je sens quand meme comme un equilibre qui se creait entre ces personnes deposees par leur voiture, posees juste a cote, avec chacun son couloir d'amenagement, et sa vue privee sur l'ocean...et la tortue que je suis apparaissant subitement et etonnament dans leur decors.

 

"Mais ou va t'elle donc avec son gros sac sur le dos celle la? Pour sur, elle n'est pas du coin!" Ca en surprend certain, en derange d'autres, et puis toujours une poignee de tetes pensantes que ca fait rever!

De l'herbe,

tout simplement.

 

Et des pieds qui savourent.

 

 

 

Austin,

Pechee sur le bord de la route par trois personnes en fou rire, a la fin de ma ballade oceanique, direction Austin. Bien sur que ce n'etait pas prevu et qu'une fois de plus, j'ai pris parti d'un "Oui".

 

 

 

Ballade en velo, ou footing?

Puis une petite ballade, a velo...

durant laquelle j'observe toutes les metaphores des complexites du mental qui se manifestent dans toutes choses: un fil tendu pour apprendre a jouer de nos equilibres en perpetuel desequilibre, se dire "oui je le veux" au sujet d'une union officielle future, presque sous un pont, et sous le regard impatient, envieux et heureux des proches caches de part et d'autre du fleuve. Et puis des pianos mis a disposition tout au long des berges, en plein air, pour qui voudrait y trimballer ses doigts.

 

Aussi, comme j'ai eu l'envie subite de courrir, comme tant de gens ici, alors, un elu de Dieu m'a donne une paire de tenis. Ca alors, on peut dire que ca tombe a pic! Belle encouragement pour cet elan sportif!

 

Et voila, je cours...et comprends mieux pourquoi il n'est pas frequent de recevoir le sourire d'un sportif en plein effort! Boudiou, ces actes de performence physique me laissent pensive.

Chacun son stlyle, et son intention toute particuliere dans le mouvement genere: pofinage de la forme, evacuation du stress, performence en tant que challenge, communion avec l'environnement, ou avec les autres.

 

Mais quand meme, ce que j'y vois moi surtout, c'est qu'il faut bien de la motivation pour effectuer de telle prouesse!!!

ou peut-etre juste un peu plus d'entrainement.

 

Allez,

je garde mes tenis.

 

Ca va qu'elles sont legeres.

Et meme que pour danser...

ca marche aussi!

 

 

 

 

 

Ma maison du moment...

et mes hotes, bien aimants!

 

Chase et Rabaca.

 

Va savoir ce qui creait l'attachement?

Surement encore une histoire de reconnaissance.

 

Le fait est que l'Amour se trimballe sur les rails de mes veines, et que c'est toujours avec beaucoup, enormement de gratitude que je laisse a nouveau des etres touchants,

 

attachants.

 

Heureusement que j'ai un cap auquel je tiens, et de l'huile ruisselante sur mon squelette, et la foi envers les elans qui me poussent a poursuivre..parce que je serai bien attristee de toutes ces separations a la file indienne.

 

 

Apprendre a savoir quitter, c'est aussi difficile que d'apprendre a dire "je t'aime".

 

 

Jimmy, le Retour!

Autant je me suis familiarisee avec ma propre errance,

autant, integrer celle d'un autre,

ca vient chambouler les equilibres interieurs.

On ne peut pas reellement pratiquer l'errance en cotoyant celles des autres.

 

Mais soit, c'est encore avec beaucoup de plaisir que nous partageons de nos passions respectives, de sa musique et de mes danses!

 

 

 

Keven, un autre!

C'est Keven, un autre Keven, un autre routier, qui prend le relais.

Lui il reverait de partir quelques temps en Australie.

Mais il a un sacre paquet d'excuse toutes pretes pour ne point ceder a la tentation de ses envies.

 

Il n'y a rien de plus effrayant que le bonheur!

Nous n'y sommes tellement pas habitues, comme une normitude, je veux dire, que l'idee meme de ne plus avoir de blame semble vertigineux.

 

La peur de l'inconu. Du changement.

Mais point de plainte s'il vous plait.

On a toujours le choix au menu.

 

Tenter de se liberer du connu pour acceder a d'autres possibles.

 

Avec Keven, j'accepte donc de prendre le temps d'un chargement d'herbe dans son camion, pour l'echange de quelques profondeurs.

 

Jusqu'a ce qu'il me dise que finalement, il ne s'agit pas d'etre a tel ou tel endroit, mais de trouver  a etre heureux au-dedans de soi.

"OUi oui c'est certain!"

 

Et c'est pourquoi je me demande parfois a quoi bon vouloir fouler tant de kilometres, avide de paysages a devisager, lorsque que je sais que le chemin le plus court pour acceder a la joie, se trouve etre le pont qui relie mon souffle a mon coeur.

 

Certes aussi, il y a des contextes, des circonstances qui aident, juste pour ouvrir des portes, ou prendre une direction.

Car il est sur qu'englue dans des reperes qui font guise d'equilibre, il n'est pas simple de prendre son envol.

 

Alors en attendant de coller quelques plumes a ses bras, Keven use de sa guitare et de sa voix pour liberer ses espoirs.

 

J'ai parfois l'impression d'etre un mirage sur la route de certain.

 

Le temps d'une paranthese pour s'entendre dire que si on veut vraiment, on peut.

 

Crystal beach!!

Je me rappelle bien de ce policier qui m'a fait traverse le pont pour atteindre Galveston, pour rejoindre le ferry, puis la presqu'ile de l'autre cote, pour loger mon sac de couchage a la belle!

Fort sympathique, il m'a vehiculer dans sa voiture de fonction, se livrant a de bien humaine conversation au passage...et me serrant fort dans ses bras avant que je ne m'eloigne vers d'autres lieux de rencontre.

C'est bien la premiere fois que je peux sentir la carrure d'un policier dans mes bras...et son gilet pareballe dans le dos!

 

Un petit tour de bateau d'une peninsule a une autre, de nuit...c'est bien aussi.

Et puis toujours de fil en aiguille, comme il s'agit bien de se laisser tisser dans cette toile geante, je me retrouve invitee par une bande d'etudiant en week end festif sur la plage de Crystal Beach! Objectif: faire connaissance les uns les autres, boire, manger..et faire du voilier.

Alors, je mange comme eux des bouts d'ananas et de noix de coco fumes au feu de bois! Quelques blablatages au sujet de la Vie, et puis je m'isole pour une nuit a la belle sur le sable!

 

Campement ci-dessous:

 

 

 

Et puis eh bien et alors, un lendemain tout emballe d'un cadeau de plus dans ma hotte: une viree en voilier!

 

Toute trempee d'une eau chaudement salee, arrivee de part le vent des voiles sur mes vetements, je vous dit Merci.

 

Et m'en vais reprendre mon chemin laisse sur le bord de la route, la veille.

 

Direction Louisiane.

 

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Commentaires : 2
  • #1

    christian (jeudi, 05 mai 2011 20:13)

    tu sais maelle que tu fais des envieux(ses)
    mais tu sais aussi maintenant que cette liberté n'est pas donnée à tout le monde , et bien que le soleil brille tous les jours , tout est à faire chaque jour pour faire vivre ses envies ,
    je t'embrasse

  • #2

    jean-marc (samedi, 28 mai 2011 15:39)

    tu écris divinement Maëlle, comme un poète, comme un clown, comme un être vivant, comme une fée racontant paysages, rencontres et voyages intérieurs.
    Je suis moi aussi heureux de t'avoir rencontrée, dans une autre vie.....