Projet VIA, Voyage d'Intérêt Artistique

...ou les aventures d'une Valise à Imaginer Autour!!!

On ne peut faire autrement qu’avec ce que l’on est. Ma valise, elle, est remplie de ce que je suis, de ce que j’ai appris, de ce que j’aime. Ce projet est donc un alliage, pour ne pas dire un voyage de noce, du mariage de tout  ce qui m’anime profondément.J’ouvre ma valise et vous présente : un nez de clown, quelques cailloux et des grains de sable, une guirlande d’êtres humains, et des milles milliers d’objets insolites ramassés de ci de là, à partager, à réinventer, à faire voyager de pupilles en pupilles !

 


Résumer du projet :

 

Mesdames et Messieurs,Je vous présente ce projet de voyage artistique, imaginé autour de la présence d’un clown : Nâm. Celui-ci part à travers différentes contrées de ce monde, pour observer, sentir, décrypter puis créer autour du thème : l’ « existencitude ».

L’ « existencitude », c’est le rapport que les êtres entretiennent avec leur propre existence. Certes, le monde est vaste et les êtres qui l’habitent innombrables ! Alors, il ne s’agira que de mon regard sur ces routes traversées et ces êtres rencontrés, à l’instant T…
« C’est l’histoire d’un clown qui voyage de part le monde, les pieds sur terre et l’esprit vagabond ».Plus exactement, il s’agit d’une « clowncharde », un clowne de rue, sans toit, sans famille, sans profession…mais d’une grande utilité sociale : elle observe, partage, puis retranscrit à sa manière ce qu’elle voit et ce qui se vit autour d’elle.Des êtres humains, elle se fera témoin de leurs pensées, de leurs gestes, de leurs croyances, de leur nécessité à dire.


Imaginez : « Un clown débarque. Il ne sait pas ce qu’il va se passer. Il arrive et après…il va se laisser guider par ce qui attire son regard, par les rencontres faites de ci de là, par les ambiances particulières à ses yeux…et cheminer ainsi au gré des instants partagés avec les individus croisés, les animaux de passage, et quelques brins de contexte citadins et ruraux ».

 


Qu’est-ce que l’art d’être Clown ?

 

Alors que je porte les traces de ma culture, celle à laquelle je suis rattachée, le clown lui, se passe de toute appartenance sociale et culturelle. Sans antécédents, et donc, sans histoires familiales, sans projections et sans dessein particulier, il erre dans le présent de ce qu’il décide de vivre à chaque instant, et de ce qui vient à surprendre ou à dévier sa route.C’est un être à l’état pur.Se faisant le miroir des multiples aspects de l’humanité, il ne peut être enfermé dans une forme ou une psychologie spécifique. Si le clown incarne bien souvent des sentiments de joie, d’allégresse, de bonté et de naïveté, il n’est pas dépourvu de cruauté, d’égoïsme, d’élan de colère et de tristesse.La liste est longue, mais pour faire court, il suffit de réunir tout les traits de caractère et de personnalité dont recèle l’humanité entière pour savoir tout ce qui peut habiter un clown, et comprendre les états divers et paradoxaux par lesquels il passe.Un clown n’a pas pour mission de faire rire ! Bien sûr, c’est souvent ce qu’il représente, ce qu’il incarne même, et bien sûr que son rapport au jeu implique souvent naturellement une forte dose d’humour ! Mais il serait dommage de le réduire à cela, tant il peut être porteur des profondeurs de l’humanité, c'est-à-dire, de tout ce qui se joue de profondément organique en deçà des caractères psychosociaux Pour moi, le clown est avant tout un poète. Ce n’est pas lui qui veut ça, bien qu’il puisse le décider ou en avoir le désir ; cette poésie est inhérente au rapport qu’il entretient avec ses sensations de vie et avec tout ce qui existe autour de lui.L’imagination et la créativité dont il fait preuve n’ont pas de limite, si ce n’est celle du danger pour lui-même et pour autrui. Le fil de ses actes se déroule tel un rhizome : sans cheminement préétabli. La dramaturgie du clown ne s'embarrasse pas de problèmes de cohérence. Porteur de vie et d'envies, avide de découvertes, le clown est sensible à tout ce qui l'entoure et y trouve matière à jouer. Il est libre de jouer des jeux contradictoires, libre de mettre en corps et en voix toutes les envies qui le traverse. Et c'est dans l'exercice de cette liberté qu'il trouve sa grandeur et sa profonde humanité.

Tout l'art du clown, c'est de se saisir de ce qu'il vit et de ce qu'il ressent, et de le transcender.

 


Nâm, sur les routes :

 
Nâm sera mise en jeu tous les jours, pour des durées variables, dans différents contextes: la rue, des institutions spécialisées, des écoles, les campagnes, les gares et tout autre réseau de transport, les supermarchés et autres magasins, les usines…partout où il lui sera possible de partager des instants de jeu avec son environnement. Aucune prévision, ni de parcours, ni de lieux. L’idée s’est d’arriver quelque part, de s’imprégner de l’ambiance, de laisser vivre ce qui vient dans la rencontre de l'autre et de la situation, en interrogeant « l’existencitude ». La suite, elle s'écrit ensemble.

 

 

Retranscription :

 

La retranscription se fera sur deux étapes. Tout d’abord, avec un travail d’écriture (journal de bord, poèmes, chants) et d’images (photos et vidéo) sur place ; puis de retour en France, avec la présentation d’un spectacle (conférence-performance) qui viendra déposer la traversée du voyage.


Journal de bord : tous les jours quelques mots, croquis, poèmes inspirés par ce qui se vit dans l’instant, ou a été vécu.

 

Photos et vidéos : deux supports trimballés dans mon sac qui serviront à inscrire des images de quelques situations vécues en clown. Je souhaite aussi expérimenter la création de vidéos « clown reporter ».

 

Cahier de traces sur l’« existencité »: ce cahier sera mis à disposition pour ceux et celles rencontrés qui souhaiteraient en écrire ou en dessiner quelque chose de leur existence.

 

L’œuvre vestimentaire : Nâm est vêtu d’une grande toge blanche en coton, et d’un pantalon du même tissu, les deux conçus pour être portés sur des vêtements chauds ou légers. Mais cette tenue est aussi destinée à accueillir les traces diverses des aléas du voyage sur elle ! Les seuls brins de lavage seront les pluies éventuelles. Il s’agit d’exposer le vêtement de cette aventure dans la salle de présentation du spectacle à chaque retour de voyage.Une copie de ce vêtement sera prête (x4) pour que cette expérience soit réalisée sur chaque continent. Il y aura donc au final cinq œuvres vestimentaires.

 

Conférence-Performance : « C’est en rentrant, à chaque retour de périple, qu’elle nous offrira un spectacle vivant retranscrivant tout ce qui s’est joué et tramé pendant son voyage sur ce thème de l’Existencitude ».Un spectacle sous forme de « conférence–performance » sera présenté à chaque retour de voyage à Bordeaux, dans une salle de spectacle partenaire, mais aussi dans toutes les villes de France intéressées par ce projet sur la durée. Nâm exprimera à sa façon son regard sur l’aventure traversée, toujours autour de cette fameuse thématique de l’ « Existencitude ». Un moment de partage avec le public qui mêlera le conte, le chant, la danse et la poésie en action. Dans la salle les personnes pourront découvrir les photos, le journal de bord du Clown, les cahiers de traces sur l’Existencitude, ainsi que le vêtement du voyage exposé.

 

Le Blog projet VIA : avant, pendant, après et entre les voyages, un blog sera ouvert pour ceux et celles qui souhaitent suivre les aventures de Nâm (écrits, photos, vidéos). Il sera alimenté au fil des voyages.

 


Qui suis-je ?

 

Formée au théâtre pendant 8ans, puis au mime, au théâtre gestuel et à la danse, j’ai découvert le travail du clown en 2006 à l’occasion de la mise en place d’un projet de création et d’ateliers artistiques en Mongolie. Depuis, je n’ai plus quitté ce nez rouge dans mon parcours professionnel : spectacles, stages reçus, stages donnés, interventions en milieu spécialisé. Parallèlement à cela, j’ai toujours aimé créer des situations de jeu dans la rue, les institutions, dans les regroupements, lors de rencontre.Mes pérégrinations en stop, quant à elles, m’ont ouverte davantage encore à un mode de rencontre spontané et instantané. Je pratique cette manière toute particulière de se déplacer depuis près de 12 ans…et je ne m’en lasse toujours pas. C’est une façon de côtoyer des bulles d’intimité, des corps de métier dont je ne connais ni l’univers, ni la pratique, et de partager une parole (parfois profonde en confidence) sans enjeu relationnel particulier.

Ce qui me plait, finalement, c’est de créer des espaces d’expression et de libération possible quel que soit le contexte.Partout où le plaisir du jeu peut s’immiscer, la joie peut naître.



Pourquoi ce projet ?

 

Après avoir vécu la rencontre de quelques mongols, en clown, j’ai réalisé à quel point cet accoutrement permettait d’ouvrir les portes du langage, du jeu et de la créativité sans frontières de la langue, et sans réflexions intellectuelles.Juste le plaisir de l’échange, simple et présent, du partage de ce qui nous est profondément commun : le langage du cœur et cette énergie puérile, source de créativité, qui coule dans nos veines, quelque soit notre couleur de peau, nos éthiques personnelles, la culture et les religions dans lesquels nous baignons.Je pense qu’il est possible de générer beaucoup de joie, de poésie et de tendresse par le biais de ce nez rouge, et même dans des situations parfois délicates, simplement parce que celui-ci permet de faire, ou de faire dire, des choses qui ne pourraient être reçues ou entendues autrement!

J’ai donc l’envie de poursuivre cette expérience de rencontre par le biais du clown à travers différents pays du monde, pour porter à la surface les paroles de cette essence universelle.Je pense qu’il y a en chacun d’entre nous un clown en dormance : un être fragile et sensible, écorché vif et plein du désir de vie, touché d’une manière ou d’une autre par le monde et les êtres qui l’entourent. « Ce ne sont que nos regards qui changent ». Alors, qu’est-ce qui nous est profondément commun, qu’est-ce qui peut nous réunir sous un même sourire ?

J’aimerai donner à une poignée d’être l’espace pour une parole singulière, que ce soit par le biais de l’écriture, de la vidéo, du dessin, de la danse ou tout autre support artistique qui permet de déposer un regard sur le rapport entretenu avec sa propre existence. Bien sûr que le passeur artistique principal est le clown (j’aurai des nez et du maquillage à disposition), mais comme celui-ci peut tout faire !

 

Une jeune femme m’a demandé un jour : « Alors, comment on devient clown ?». J’ai compris à l’instant où je pensais une réponse, que la magie de cet art c’est qu’il ne s’inscrit pas dans un rapport au temps comme la plupart des apprentissages. On peut être clown immédiatement, et ne le rester d’ailleurs que quelques instants. Ce n’est pas qu’une histoire d’allure (costume, nez et maquillage), mais bien plutôt d’une façon d’être soi face à la vie et face à sa vie, ainsi que de notre capacité à prendre du recul sur ce que nous sommes en train de vivre et d’en jouer.

 

Ce thème de l’ « Existencitude » sera énoncé sur mon passage…libre à chacun de se saisir de l’occasion de vouloir en dire quelque chose.